Allô Guy,
Tu as été une personne que j’ai été vraiment heureux de connaître. La première fois qu’on s’est vu, on a passé un mois ensemble. J’ai tout de suite vu la similitude entre ta grande fille Coralie et toi.
Ça peut être important ou pas, mais j’ai récemment dit à Coralie que parmi toutes les femmes de la terre, c’est elle que je préférais.
J’ai eu l’occasion de te connaitre. Ton calme m’a inspiré et m’inspire encore, ta façon de dire les choses toujours cool, toujours sur un ton respectueux...
Ce que j’ai fait à l’heure de ton décès c’était un choix, j’ai monté les escaliers de l’école pour aller chercher Charlotte direct à sa classe en me foutant complètement du règlement . J’ai regardé sa prof, elle a compris,
Je me suis demandé si je lui disais direct dans le char pendant qu’on descendait ou en arrivant à la maison.
J’ai choisi de lui dire dans l’auto, en regardant la route, en éclatant et en lui disant que Pili, un des hommes tellement important de sa vie, était mort.
Le vrai but était qu’elle ne soit pas pogné pour avoir une réaction devant moi. Pour qu’elle puisse tourner la tête sans avoir à se justifier en regardant la route passer, et pleurer.
J’ai un truc à dire ici que je trouve important.
J’ai écrit à Coralie à 11h et demi (au Québec) pour être sûr que ça se rendait à toi. Je sais qu’elle te l’a dit mais je te le redis. Je dois te le dire car j’en ai besoin:
« Charlotte est vraiment affectée parce qu’elle sait qu’elle ne le reverra pas. Elle aimerait tellement pouvoir lui dire qu’elle l’aime. Je lui ai dit qu’elle ne pourra pas mais qu’on peut le dire à maman pour qu’elle te le dise à toi Guy. Même si tu n’entends peut-être pas, c’est extrêmement important pour Charlotte. Il faut absolument que Coralie te dise que Charlotte t’aime de tout son cœur. »
Je ne me substituerai jamais à ta propre fille pour faire semblant que ma douleur est similaire à la sienne. J’ai fait ce que j’ai pu pour adoucir pour elle, malgré que je savais le truc presque futile et impossible. Mais je ne te cacherai pas que j’ai pris ton décès comme mon propre coup de poing dans le ventre aussi.
Ça pourrait probablement te surprendre mais j’ai pris un jour de congé pour absorber le coup.
J’ai lu ce que ta fille a écrit, j’ai lu absolument tous les hommages, celui que Marjo ta fille d’amour aussi, a écrit.
Je sais de cœur ce que ta grande fille Coralie pensait de toi. C’est dur à encaisser et quand je dis ça. Pas juste un peu. Je crois que tu étais un homme qui comprenait le sens des mots et quand je dis dur je veux dire dur au sens de dur.
Je crois que la seule phrase qui accoterait ton ouverture à l’autre serait de te citer quelque chose qui vient du Québec. Un poème qui est dans mon anthologie de la poésie québécoise.
L’arbre, oui mais l’arbre.
L’arbre coupé
La lumière tombe
Autrement
Il y a rien d’autre à dire, mais ça aussi c’est québécois.
Je vois pas d’autre chose.
À toujours et à jamais.
Louis