Eloge funèbre au CB Louis Sénèque par le Général (2s) Jean-Pierre Bariller. ( 24 novembre 2025)
Marie- Louis ( alias Louis) Sénèque, né le 3 mars 1942, ancien officier supérieur de l'armée française, est décédé le 17 novembre à l'hôpital de Draguignan.
La qualité de sa carrière exigeait que le monde militaire lui rende les honneurs et lui adresse sa reconnaissance.
Il repose ici, entouré de sa femme Thérèse qu'il a épousé le 7 Avril 1967, son fils Jean-Louis, commandant en retraite de la Police Nationale, Nathalie, infirmière et Marie-Laure, Cadre de santé.
Vous remarquerez que tous ont choisi de servir l'Etat... ce n'est pas un hasard!
En mon nom et celui de mon épouse , en présence de vos amis qui ont pu se déplacer, je vous présente, à toute la famille, nos sincères condoléances et nos voeux de prompt rétablissement à l'issue de cette rude épreuve.
J'ai connu Louis à l'issue de sa vie militaire, en 1994 alors que j'étais encore en activité. Nous habitions dans le même lotissement ( Barrême) presque en vis à vis . C'est là qu'il avait choisi de faire sa maison et d'y installer sa famille de façon définitive en 1994; c'est aussi à cet endroit que nous avons décidé, ma femme et moi, de revenir définitivement en fin de carrière en 2003.
Il a donc été un des premiers résidents du lotissement à " essuyer les plâtres", en quelque sorte, pour en faire un lieu de vie et de convivialité...avec Thérèse, ils ont été vite amenés à prendre des responsabilités au sein du syndic associatif de copropriétés et à animer la vie de quartier.
Chaque année, il était organisé un repas commun pour resserrer les liens entre résidents. A cette occasion , Louis nous préparait un breuvage de sa composition: "le petit punch façon Louis"... ce qui mettait tout le monde rapidement dans la bonne humeur et se terminait souvent par une partie de pétanque particulièrement animée...
La présence ici de nombreux résidents, témoigne de l'esprit très particulier qui nous anime toujours, aujourd'hui, contre "vents, Covid et marées", dans un état d'esprit initié par les premiers résidents Louis et Thérèse, Robert et Martine Dolfi.
La fraternité d'arme a pour conséquence, qu'avec Louis , nous avons rapidement fait connaissance. Nos relations sont toujours restées amicales mais respectueuses de la vie privée de chacun.
Il est donc normal qu'aujourd'hui je vous parle de mon camarade:
le Chef de Bataillon Marie-Louis Sénèque.
Il est né le 3 mars 1942 à Pondichéry. (Inde) né français et catholique. Sa personnalité est imprégnée de son origine: discret, sérieux , appliqué dans tout ce qu'il entreprend, exigeant envers lui-même et les autres. Il fait de brillantes études et après avoir obtenu son baccalauréat, il envisage alors de se lancer dans le parcours difficiles des études de médecine...mais des évènements politiques vont contrarier ce projet.
Suite à l'indépendance de l'Inde en 1947,de nombreuses négociations aboutissent au rattachement des comptoirs à l'Inde. Celui de Pondichéry entre officiellement en vigueur de 16 Août 1962.Les habitants ont trois années (1965)pour se décider entre: choisir la nationalité indienne, rester Français mais être résidant en Inde ou rester Français et quitter Pondichéry, mais avec la perte des droits, à succession, des biens de famille.
Ayant déjà répondu à l'appel sous les drapeaux pour effectuer son service militaire, en 1961.
Louis a choisi de garder la nationalité française.
A peine arrivé en France, grâce à son bagage scolaire et à son bon comportement, il intègre la fameuse Ecole de Saint-Maixent pour y suivre une formation de sous-officier d'active.
Dès sa formation terminée, il participera à la guerre d'Algérie où il sera blessé.
de retour en métropole, il intègre son bataillon à Bitche au 1er RI .C'est là qu'il va découvrir la neige et la vigueur du froid. C'est aussi à Bitche qu'il fera la connaissance de Thérèse Volb.
en 1968, le 1er RI s'installe à Sarrebourg et devient régiment d'Infanterie motorisé du 1er Corps d'Armée.
Ayant acquis une grande expérience dans l'Infanterie motorisée et mécanisée, et encore jeune quand il est nommé adjudant, il lui est proposé d'accéder au Corps des Officiers. Il suit alors une formation en Ecole d'Arme dont il sort sous-lieutenant.
En 1977, il est affecté au 150 éme Régiment d'Infanterie à Verdun. Il sert alors comme lieutenant, dans un régiment de grande modernité. Il y apprend de nouvelles formes de combat selon le matériel de haute technologie qu'il est amené à servir.
En 1982, il est affecté au 67ème Régiment d'Infanterie à Soissons, rattaché à la 8ème division d'Infanterie du 3ème Corps d'Armée. Il y est nommé capitaine.
En 1985, il est affecté au Camp de Canjuers comme chef des services administratifs. Il supervise les effectifs, la trésorerie, l'alimentation, l'hébergement, les matériels et équipements associés.
c'est un rôle essentiel, car au-delà des charges inhérentes au régiment, il apporte aussi les moyens nécessaires aux unités diverses qui viennent de toute la France et aussi de l'étranger, en séjour d'entrainement.
En 1990, il est muté à l'Ecole Militaire Préparatoire d'Autun, ouverte aux enfants de militaires, de fonctionnaires, aux pupilles de la Nation, au titre de l'aide aux familles sujettes à la mobilité; le complément est admis sur concours.
l'encadrement militaire y joue un rôle très important, à l'appoint d'un corps d'enseignants de grande qualité. Les militaires ont en charge la direction de l'établissement, des activités interclasses, de la vie en internat. Le personnel est trié sur le volet, car il doit faire bonne figure devant les jeunes qui s'inspireront longtemps de leur exemple. Louis est de cette catégorie d'homme. Il est encore une fois chargé des services administratifs. La présence ici du drapeau des l'Amicale des Anciens Enfants de Troupe, avec son président, le Colonel Gilles Huste et son porte drapeau, le Major Jean-Paul Bréjot témoigne de la reconnaissance des anciens élèves à leurs cadres.
Merci à vous d'être là.
En 1993, il rejoint le détachement militaire auprès d'une mission de l'ONU, pour rétablir la paix en Somalie ( UNSOM2)Il dirige les économats. Là encore il s'agit du soutien des hommes de plusieurs Etats...
En 1994, il est admis à la retraite au grade de Chef de Bataillon.
C'est une belle carrière car , partant de sous-officier subalterne à sous-officier supérieur, puis d'officier subalterne à officier supérieur. Un beau parcours!
Louis est chevalier de l'Ordre National du Mérite, médaillé de la Défense Nationale avec l'agrafe Infanterie, détenteur de la médaille commémorative de l'ONU avec l'agrafe Somalie, et , de fait, ancien combattant...
Ce qui justifie la présence du Drapeau de l'Union Nationale des Combattants, avec son président le Capitaine Le Fourn et son porte-drapeaux ... merci à vous pour votre présence.
" au nom de la France , je te remercie des services rendus pour le succès des armes de la France! Adieu Louis! Reposes en paix! "